A partir de 1921, la destruction des colonies connaît une seconde phase. Les mennonites sont victimes, à tous les niveaux, de la politique communiste qui culmine dans la Terreur stalinienne, entre 1936 et 1939 : déchristianisation, collectivisation des terres, campagnes contre les « koulaks » et contre la minorité nationale allemande.
Au sein du malheur, les mennonites qui survivent font différentes tentatives pour s’adapter à une situation dont ils ne savent comment elle évoluera. Plusieurs solidarités s’organisent, insuffisantes et parfois dangereuses.
Si le « bonheur mennonite » a bien existé en Russie impériale, il prend fin en 1917. Dans ce troisième épisode : des mennonites en plein chaos, des anarchistes sanguinaires, des Russes blancs et l’armée rouge transforment les colonies en « terres de sang ».
Il y a 100 ans, la famille impériale des Romanov était assassinée en Russie. Au même moment, une autre tragédie débutait : celle de la destruction des colonies mennonites d’Ukraine et de Russie. Qui étaient ces mennonites? Que faisaient-ils en Russie?

Introduction
« Soviet Inferno »
Marseille, le 1er avril 1932. Un homme attend, sur le quai, l’arrivée du D’Artagnan, un navire des Messageries Maritimes en provenance de Shangaï. A son bord, 373 mennonites d’origine russe-allemande qui forment une soixantaine de familles, dénuées de tout.